vendredi 15 mai 2015

Surprenant Brésil



Il y a des pays comme cela où, allez savoir pourquoi, quand on en parle, on imagine déjà plein de choses. Donc, le Brésil, au niveau imagination c'est le carnaval, la plage, le foot, la chaleur, la fête... Ben en fait pas que lol.  Tout d'abord après concertation générale, nous décidons de ne pas aller voir les chutes d'Iguaçu côté brésilien, principalement pour des raisons de timing, mais pas que. Nous resterons sur notre première vision et c'est sans doute très bien comme cela. Pour nos premiers pas au Brésil, nous nous confrontons d'abord au changement de langue, dommage on était tous quasi bilingues et rajouter des "ch" par ci par là, ben çà fonctionne pas vraiment. Le portugais c'est comment dire... du chinois ! En revanche, ils nous comprennent un petit peu quand on parle espagnol. C'est pas grave, les mîmes on maîtrise, les grimaces d'incompréhension aussi lol. Nous reprenons donc la route avec un objectif de 50 kms par jour pour tenir les délais : ça va être sport, d'autant que nous n'avions pas pris en compte le paramètre pourcentage positif,  il est pourtant loin d'être insignifiant !


 On a mal aux cuisses en fin de journée. Cette partie là du Brésil a un petit air de Massif Central. C'est très vert, très vallonné, les belles pentes de plusieurs kilomètres sont nombreuses et heureusement les pourcentages restent raisonnables. Nous sommes assez surpris car nous ne nous attendions pas à cela. Si les paysages sont jolis, les 50  kms sont durs à tenir.











Nous avons un peu l'impression de passer la journée sur le vélo. Un peu dur dur, surtout pour Eliot et Marie. Espérons que le relief se calme un peu. Nous sommes pour l'instant en période de rodage, on va dire, dans ce nouveau pays.





 Les habitants nous regardent un peu bizarre, fuient un peu quand on les aborde et les plus bavards ont sans doute un accent, parce qu'on ne comprend rien lol. Bref, c'est un peu un rythme vélo dodo, espérons que ça ne dure pas trop. Autre grosse surprise, les températures, comment dire : on se gèle les fesses ! Pour le coup, on vous envie avec vos températures quasi estivales. Ça redevient la galère pour faire sécher le linge, alors dès qu'on le peut, on étend tout notre bazard ; bon ça participe sans doute à ces fameux regards bizarres dont nous sommes les cibles lol.


La religion est très importante au Brésil : beaucoup de voitures et de camions portent des petits messages en l'honneur de Jésus quand ce ne sont pas carrément de grosses icônes à l'arrière du véhicule. Du coup, on joue la carte charité chrétienne, en demandant l'hospitalité dans les églises.


 Mais là aussi, ça donne des situations étranges. Un jour, on demande à une paroisse, ça commence plutôt bien: oui, ils ont une maison pour accueillir les gens "comme nous" lol. Un monsieur nous y escorte. Arrivés sur place, la maison est fermée.  On attend un peu avec le monsieur. Un autre type arrive alors en moto, ils se parlent: en portugais, bien sûr.  Le premier monsieur nous dit que le 2ème a les clefs, qu' il va nous ouvrir et il s'en va. Le deuxième disparaît derrière la maison avec sa moto. Bon, ben , on attend... 5 minutes... 10 minutes. René fait le tour de la maison retrouve le type. Il revient, c'est bon, il va nous ouvrir. 5 minutes... 10 minutes... Bon on ne va pas s' énerver, ils nous accueillent, mais c'est étrange cet accueil lol. Le type arrive, nous regarde d'un air ben qu'est ce que vous voulez. La , René lui montre la porte  "ben on veut entrer, pardi!" Le type repart, oh non! ... 5 minutes et là, alléluia,  la porte s' ouvre de l'intérieur.  Un 3ème monsieur nous montre où nous installer. Il repart, nous ne reverrons personne de la soirée. Curieux, on est super à l'aise lol. Bref le Brésil, on ne maîtrise pas bien les codes. En plus un jour, on voit des panneaux attention "indigena",  on a donc croisé des hommes avec juste un cache sexe, une lance et... non je déconne lol. Nous avons en effet traversé une réserve. Les femmes vendaient des paniers qu'elles confectionnent en bambou, comme les fameux tip kao que nous nous trimbalons depuis le Laos, mais nous n'avons pas augmenté notre collection. Les hommes eux, nous regardaient bizarres (eh oui, encore lol). Lors d'un arrêt pour remettre les chambres à air protectrices des roues de la carriole, nous avons pu échanger un peu avec "les indigènes" lol. Ben la vodka thai, on a testé; celle du brésil je ne sais pas si on la testera lol. Nous nous sommes donc renseignés et avons appris qu'en effet, il subsiste quelques tribus indigènes au Brésil, principalement en région amazonnienne. Depuis quelques années des lois tentent de protèger ces populations dites "non assimilees", comme notamment cette loi de 1988 concernant leurs terres qui sont devenues inaliénables et indisponibles. Aujourd'hui, 215 ethnies sont répertoriées au Brésil.





 Nous progressons doucement et espérons en découvrir plus sur cet immense pays qui d'ores et déjà  nous a montré quelques facettes, notamment celles d'un pays avec d'énormes inégalités, un pays de contrastes.
Pour l'heure aujourd'hui, c'est journee bichonnage des velos: les K7 des 2 etant a changer, on a cree l'attraction dans le magasin de velo.


Nous nous sommes egalemant offert un bon resto: ici c'est le principe des buffets avec prix au kilo qui cartonne. Heureux hasard, la patronne, qui fait du VTT nous a gentillement invites !



 Demain on reprend la route, direction Curitiba.

dimanche 10 mai 2015

Objectif Iguazú

 Nous avons attendu quelques jours à Posadas, fait des allers et retours histoire de visiter un peu les alentours. L'occasion de rouler avec une carriole dedicace le 29 avril !


 Nous avons aussi quitte la ville  pour aller voir un parc malheureusement fermé car il y a eu une grosse tempête dans la région 2 mois auparavant. Dommage. Le bon côté, c'est que ça nous a permis de rencontrer Luz et sa famille. Nous avons passé l'après-midi à jouer au cerf-volant avec Luz et ses 2 frères. Un très bon moment, les enfants étaient ravis d'avoir des copains de jeux.





 Apres une dernière soirée a Posadas dans un petit bar bien sympa au bord du Paraná et nous décidons de reprendre la route. Nous n'avons pas les pneus et c'est un coup dur car nous comptions vraiment dessus. La galère pour les protéger avec de vieilles chambres à air continue.


 En plus d'être contraignant, ça freine René et ça c'est pas une bonne nouvelle car on comprend mieux pourquoi les locaux nous mimaient les montagnes russes en parlant de la région de Misiones. Ça monte ça redescend... et cela sur plusieurs centaines de kilomètres. On tire la langue mais on s'accroche, nous avons connu plus difficile ; et puis on est des warriors lol.



 Le plus dur ce ne sont pas les côtes, c'est la route : Il n'y a pas de bas-côtés, il n'y a qu'une seule voie de chaque côté et plein de camions ! Alors imaginez la scène : une bande de petits cyclos à la peine roulant à 7 km/h quand ça monte et des énormes camions qui arrivent sur eux sans ralentir. S'il n'y a personne en face, ouf pour nous ils se décalent (mais attention juste ce qu'il faut, il ne faut pas trop rêver). Par contre, si par malheur ils ne peuvent pas doubler, alors là, on est bons pour se jeter dans le bas-côté sous un tonnerre de coups de klaxon. Ambiance charmante et loin d'être rassurante. Cela nous gâche la fête, nous sommes vraiment angoissés pour Eliot dans sa carriole car celle-ci, dans les descentes, ne file pas toujours droit. On a peur qu'elle ne  se fasse accrocher. Nous avançons tant bien que mal. A midi c'est pause casse croute entre 2-roues lol. Nous sommes tombes sur un rassemblement de motards alors chacun admire la bécane de l'autre .



 Ils viennent principalement du Brésil. Ils nous proposent de planter la tente avec eux mais il faut qu'on roule et puis une bande de motards qui fait la fête ca doit être discret ca la nuit lol. Le soir, nous trouvons refuge dans un camping fermé car nous sommes hors saison. Mais Ilda sera aux petits soins , nous mettant l'eau et l'électricité en route. Vers minuit, je suis réveillée par de gros coups de tonnerre. Ben quand faut y aller faut y aller, version démontage du camp en culottes bien sur.  Ilda et son mari venus nous aider, assisterons a un bien beau spectacle lol. Ils nous ouvrent une petite pièce pour les enfants. A peine sommes nous a l'abri que c'est le déluge et ça durera toute la nuit. Nous essayons tant bien que mal de dormir mais l'eau envahi aussi le préau. Bref de quoi produire une scène assez comique : René en caleçon so sexy raclant l'eau pour éviter qu'elle n'aille dans la pièce où dorment Eliot et Marie.


 A défaut de dormir, on aura bien rit et relâché la pression due à la route. Le lendemain, il pleut, du coup on reste avec Ilda ; son mari emmène René faire les courses. Bien cool. Le lendemain rebelotte les camions. La route ne s'arrange pas.



 Le soir, ç'en est trop : après 4 jours d'ambiance tendue sur la route, nous prenons sans doute une sage décision. Tant pis, nous arriverons en bus à Iguazú.



 Depuis le temps que nous en parlions aux enfants, Iguazú étant notre point de mire depuis notre arrivée en Argentine. Ils n'ont pas été déçus, il y avait plein de papillons lol.




 Les chutes ne les ont pas plus marqués que cela. Pourtant, même si le charme n'a pas vraiment opéré sur nous non plus, il faut reconnaître en revanche que c'est vraiment impressionnant. C'est gigantesque. Les aménagements sont super biens faits, permettant d'aller au plus près des chutes. Nous avons admiré le spectacle pendant que Pitou s'essayait au saut à l'élastique et que la petite voiture d'Eliot faisait le grand plongeon : oups lol.

















C'est notre dernière soirée tous les 4 en Argentine. Alors c'est ambiance fête, histoire de se remémorer tous les bons moments passés dans ce pays extra chaleureux, plein de vie. On aurait tellement aimé passer plus de temps ici. L'Argentine est si grande, nous n'en n'avons pas vu grand chose finalement... Mais qui sait... Le lendemain, petit passage dans un endroit magique, le jardin des picaflores : des colibris. Une gentille dame a aménagé son jardin spécialement pour eux. Il y en a des dizaines, offrant un spectacle plein de poésie.





Apres ce moment tout en douceur, nous nous dirigeons vers la frontière pour notre dernier passage de frontière en vélo : la fin d'une époque. A noter qu'on sera parvenu à franchir une frontière sans que René ne soit en état de stress.




 Voilà, nous reprenons  notre petit bonhomme de chemin avec une ville au nom qui invite à la fête comme destination : Rio de Janeiro, nous voilà !!! Bon, il va falloir qu'on appuie sur les pédales car 1600 kms nous attendent et nous n'avons qu'un petit mois pour les parcourir.